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Voir aussi : Indicateurs de trading InstaTrade pour EUR/GBP
Au terme de la première semaine d’avril 2026, dans un climat d’incertitude et en phase de consolidation autour de 0,8720 après un rebond depuis le support à 0,8700, l’EUR/GBP se trouve au cœur d’un affrontement entre deux forces stagflationnistes : la BCE fait face à une accélération de l’inflation et à un ralentissement de la croissance, tandis que la Bank of England met en balance le choc énergétique et le refroidissement du marché du travail. L’activité de trading reste limitée en raison du Vendredi saint, et les indicateurs techniques signalent un affaiblissement de la dynamique haussière.
Facteur clé : divergence entre les politiques monétaires de la BCE et de la BoE
Les données de mars pour la zone euro ont fait apparaître des signes préoccupants de stagflation : l’indice PMI composite est passé de 51,9 à 50,5, frôlant la zone de contraction. Si le PMI manufacturier s’est raffermi à 51,6, le PMI des services a reculé à 50,1.
Les données préliminaires sur l’inflation de mars montrent une accélération de l’IPCH, passé de 1,9 % à 2,5 % en glissement annuel — un sommet depuis juillet 2024. L’énergie a constitué la principale contribution à cette hausse, repassant en territoire positif pour la première fois depuis un an, ce qui exercera une pression supplémentaire sur la position de la BCE.
Au Royaume-Uni, le chômage est resté à 5,2 %, mais les offres d’emploi ont continué de diminuer, signe d’un refroidissement du marché du travail. Le PMI manufacturier a ralenti de 51,4 à 51,0 (un plus bas de six mois), tandis que l’indicateur des coûts des intrants pour les producteurs a enregistré sa plus forte hausse mensuelle depuis 1992.
Les ventes au détail en février ont chuté de 2,2 % à -0,4 % d’un mois sur l’autre, les principaux mouvements se concentrant sur l’alimentaire et les biens durables, tandis que l’indice des prix à la consommation est resté stable à 3,0 %, sans montrer le ralentissement attendu.
Lors de sa réunion du 19 mars, la BCE a maintenu le taux de dépôt à 2,0 %, mais a révisé ses prévisions : la croissance du PIB 2026 a été abaissée de 1,2 % à 0,9 %, et la prévision d’inflation relevée de 1,9 % à 2,6 %. Le régulateur a averti que, si le conflit entre les États-Unis et l’Iran se prolonge, l’inflation pourrait être encore plus élevée.
Le gouverneur de la Bank of Italy, Fabio Panetta, a déclaré que la hausse des prix de l’énergie résultant des hostilités au Moyen-Orient suscitait des craintes de déstabilisation financière dans la zone, compte tenu du niveau élevé d’endettement public dans de nombreux pays européens.
La Bank of England a également laissé ses taux inchangés en mars (à 3,75 %), mais a relevé sa prévision d’inflation de 3,0 % à 3,5 %. Dans des entretiens avec les médias, le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, a mis en garde les investisseurs contre l’anticipation d’un resserrement imminent et a souligné que la prochaine décision nécessiterait une attention particulière à l’ensemble des risques. À la suite de ces déclarations, certains économistes ont réduit leurs prévisions de relèvements de taux pour cette année, de deux à un seul.
Brève analyse technique et scénarios
Sur le graphique journalier, l’EUR/GBP a reflué depuis ses sommets mensuels proches de 0,8740 et a trouvé un support autour de 0,8700. Les indicateurs techniques montrent un affaiblissement de la dynamique haussière, et des volumes réduits laissent penser qu’une nouvelle phase de consolidation est le scénario le plus probable.
- RSI(14) : 4 heures et journalier à 59, et hebdomadaire à 54, tous restant au-dessus de la ligne médiane (50), ce qui signale un potentiel de hausse supplémentaire. Toutefois, les acheteurs auront besoin d’un nouvel élan pour franchir la résistance proche de 0,8740 afin de confirmer un scénario haussier.
Scénario A (de base) : consolidation entre 0,8680 et 0,8740
L’issue la plus probable dans les prochains jours est une évolution en range entre 0,8680 (EMA144 sur le graphique journalier, EMA200 sur le graphique 4 heures) et 0,8740.
Déclencheurs :
- poursuite des tensions géopolitiques, pesant sur les deux devises
- absence de signaux clairs de la part de la BCE et de la BoE concernant les prochaines étapes
- données économiques mitigées pour les deux économies
Scénario B (haussier pour l’EUR/GBP) : cassure au-dessus de 0,8740
Possible si :
- la BCE adopte un ton plus agressif dans un contexte d’accélération de l’inflation
- des signes d’un net ralentissement plus profond de l’économie britannique apparaissent
- la probabilité de nouvelles hausses de taux de la BoE diminue
Objectifs : une cassure de 0,8740 ouvrirait la voie vers 0,8790–0,8800, puis 0,8900.
Scénario C (baissier pour l’EUR/GBP) : retour à 0,8630
Cela se matérialiserait si :
- la BoE adopte un ton offensif (contrairement aux mises en garde de Bailey)
- des signes d’une récession plus profonde en zone euro apparaissent
- une désescalade fait baisser les prix de l’énergie
Objectifs : une cassure sous 0,8680 ouvrirait la voie vers 0,8662 (EMA200 en données quotidiennes)–0,8650 (EMA50 en données hebdomadaires), puis 0,8630–0,8600.
Événements clés à surveiller
- La semaine prochaine : discours de responsables de la ECB et de la BoE — signaux potentiels sur la trajectoire des taux
- Avril : publications de l’inflation en zone euro et au Royaume-Uni — évaluation de l’impact du choc énergétique
- Au cours du mois : évolutions autour du détroit d’Ormuz — moteur géopolitique clé
Conclusion
L’EUR/GBP se trouve à l’épicentre d’une divergence stagflationniste. La ECB est confrontée à une accélération de l’inflation, jusqu’à 2,5 % (un pic depuis juillet 2024), alors même que la croissance ralentit, tandis que la Bank of England doit arbitrer entre un choc énergétique et un marché du travail en refroidissement (chômage à 5,2 %, recul des ventes au détail).
Le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, a mis en garde les investisseurs contre le fait d’anticiper un resserrement imminent. Dans le même temps, la ECB a révisé ses prévisions en direction d’une croissance plus faible et d’une inflation plus élevée.
La zone clé 0,8680–0,8740 sera l’arène de la bataille décisive dans les prochains jours. Un maintien au-dessus de 0,8700 préserverait la possibilité de tester 0,8740 et au-delà, tandis qu’une cassure sous 0,8700 ouvrirait la voie vers 0,8680 puis 0,8660–0,8650.
Quel que soit le scénario, la volatilité restera élevée. Les investisseurs devront suivre de près les développements autour du détroit d’Ormuz et, surtout, la rhétorique des responsables de la ECB et de la BoE à l’approche des réunions de mai. Comme l’a souligné Bailey, la prochaine décision exigera une attention particulière à l’ensemble des risques. Le succès reviendra à ceux qui sauront évaluer l’équilibre entre les risques d’inflation agressivement surveillés par la ECB et les mises en garde de la Bank of England dans un contexte de persistance des incertitudes géopolitiques.