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« Allez dans le détroit et prenez-le tout simplement ! Ou achetez aux États-Unis, nous en avons à revendre ! » Tels étaient les conseils de Donald Trump à l’Asie et à l’Europe. Eux, toutefois, ne partagent pas ce point de vue. La France et le Royaume-Uni cherchent à rouvrir, par la voie diplomatique, la principale artère pétrolière du monde — en levant les sanctions et en signant des accords avec l’Iran. L’augmentation du trafic dans le détroit, combinée aux rumeurs d’un cessez-le-feu de 45 jours entre Washington et Téhéran, soutient la paire EUR/USD.
En gros, le même nombre de pétroliers traverse aujourd’hui le détroit d’Ormuz qu’au début du conflit au Moyen-Orient, début mars. Il ne s’agit pas seulement de navires iraniens, mais aussi de navires d’autres pays qui ont conclu des accords confidentiels avec Téhéran. Il est très probable que des droits de passage soient prélevés. C’est simplement une forme de contrôle.
Parallèlement, l’Iran poursuit ses frappes contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe, en ignorant le nouvel ultimatum de Donald Trump. Si le conflit au Moyen-Orient prenait fin maintenant, il laisserait Téhéran plus fort qu’avant la guerre — peu importe combien de fois le président américain affirme que la reconstruction prendra des décennies.
Caractéristiques hebdomadaires de trading sur le S&P 500
Les espoirs d’un gap haussier de l’indice S&P 500, alimentés par des rumeurs de cessez-le-feu de 45 jours et par une augmentation du trafic sur la principale artère pétrolière mondiale, ont permis aux haussiers sur l’EUR/USD de contre-attaquer. Cependant, le mépris affiché par l’Iran à l’égard de Trump montre que le conflit est loin d’être terminé. La saisonnalité joue également un rôle : les indices et l’euro ont tendance à monter en début de semaine puis à reculer ensuite, les investisseurs clôturant leurs positions avant le week-end.
Ce schéma sur l’EUR/USD persiste depuis trois semaines, mais l’épisode actuel pourrait se dérouler différemment. La paire sera sensible aux anticipations concernant les données d’inflation américaine pour mars : le consensus Bloomberg prévoit une hausse de 1 point de pourcentage de l’indice CPI, soit la plus forte progression depuis 2022.
Évolution de l’inflation aux États-Unis
Il existe un risque que l’inflation sous-jacente suive l’IPC global à la hausse via des effets de second tour. Cela augmenterait la probabilité d’un resserrement de la Fed en 2026. À l’heure actuelle, le marché à terme évalue à 79 % la probabilité que le taux des fed funds soit maintenu jusqu’à la fin de l’année et à 10 % la probabilité d’une hausse de taux. Toute révision à la hausse de cette dernière probabilité soutiendrait un renforcement supplémentaire du dollar face aux principales devises.
D’un point de vue technique, le graphique quotidien montre que l’EUR/USD tente de se redresser après une cassure baissière avortée et une sortie par le haut de la limite supérieure d’une barre intérieure. La dynamique reste baissière. Un repli depuis 1,1585 ou 1,1625 justifierait des ventes. De même, une chute sous le niveau de juste valeur à 1,1525 conforterait les prises de position vendeuses.