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08.06.2026 09:44 AM
Le marché détruit un équilibre fragile

Une impressionnante création de 172 000 emplois aux États-Unis en mai, combinée à un taux de chômage resté stable à 4,3 %, a fait grimper les rendements des Treasuries et plombé les indices boursiers. Le Nasdaq Composite a enregistré sa pire performance quotidienne et hebdomadaire depuis plus d’un an ; le S&P 500 n’a pas réussi à égaler sa série record de 1985 ; et le Philadelphia Semiconductor Index a perdu environ 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Performance du Nasdaq Composite

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Le principal moteur a été la hausse de la probabilité d’un resserrement de la Fed en 2026, passée à 76 %. Le marché des contrats à terme évalue désormais à environ une chance sur trois la probabilité de deux relèvements du taux des fonds fédéraux. Lorsque le rallye du S&P 500 repose sur de solides bénéfices d’entreprise, des sorties de capitaux du marché des cryptomonnaies et une faible sensibilité à la géopolitique et aux taux d’intérêt, la disparition de l’un de ces éléments peut faire s’effondrer l’ensemble de la structure.

La mauvaise performance des actions américaines a suscité la colère de Donald Trump. À ses yeux, lorsque l’économie américaine affiche sa vigueur, le marché boursier devrait monter, et non baisser. Les investisseurs ont été effrayés par les rumeurs de hausses de taux de la Fed, mais il estime que les taux devraient au contraire être réduits, car une forte croissance économique ne se traduit pas nécessairement par une inflation élevée.

Hélas, les déclarations de Trump n’ont pas réussi à faire bouger le S&P 500. Le marché pétrolier a davantage réagi à la rhétorique de la Maison-Blanche que le marché actions. Le Brent a progressé à l’annonce d’une escalade au Moyen-Orient — frappes mutuelles entre l’Iran et Israël — mais la hausse est restée modeste. Les acheteurs de pétrole brut de la mer du Nord sont restés prudents, freinés par les commentaires optimistes du président américain sur un accord présenté comme quasiment finalisé entre Washington et Téhéran.

Dynamiques des indices boursiers américains

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Le marché pétrolier est facile à comprendre : les investisseurs sont lassés du conflit au Moyen-Orient et savent que les guerres se terminent tôt ou tard par des accords de paix. Les marchés actions, eux, voient les choses différemment.

Le S&P 500 a longtemps progressé grâce à des bénéfices d’entreprise impressionnants et à l’enthousiasme autour de l’IA et des fabricants de semi-conducteurs. Résultat : sur la base des estimations fondamentales des analystes de Wall Street, l’indice élargi pourrait encore grimper de 29 % d’ici fin 2026 — la meilleure progression annuelle potentielle depuis les années 1990, et un scénario plus haussier que la plupart des prévisions des banques et sociétés d’investissement.

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À l’inverse, les stratégistes macro de Wall Street s’attendent à ce que le S&P 500 n’augmente que d’environ 3 % d’ici la fin de l’année. Les cours actuels ne reflètent pas pleinement les risques géopolitiques, l’inflation élevée et l’affaiblissement du moral des consommateurs.

D’un point de vue technique, sur le graphique journalier, le S&P 500 se replie en direction de sa tendance haussière. Seule une reprise au‑dessus de la résistance à 7 460 justifierait un retour aux achats. Pour l’instant, il faut noter le risque accru d’une correction vers 7 300 puis 7 200. Un rebond sur ces niveaux constituerait un signal pour ouvrir des positions longues.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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