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08.06.2026 01:49 PM
EUR/USD : Iran, Israël, Donald Trump — le triangle géopolitique pousse la paire vers 1,14

Après un échange de tirs de missiles entre l’Iran et Israël, la région s’est de nouveau retrouvée au bord d’une guerre de grande ampleur. L’aversion au risque s’est accrue sur les marchés, renforçant le dollar, valeur refuge.

Cependant, malgré la gravité de la situation, les vendeurs de l’EUR/USD n’ont pas réussi à transformer ce moment en un mouvement durable. À mes yeux, ce comportement des prix reflète la position des États-Unis, qui n’ont pas soutenu cette dernière phase du conflit et ont appelé les parties à une désescalade immédiate. La rhétorique conciliante de Washington a permis aux marchés d’espérer que le « scénario d’avril » ne se répéterait pas et que l’échange actuel de frappes resterait un épisode localisé.

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Néanmoins, les conditions demeurent extrêmement tendues et, comme disent les pilotes, la situation est « au bord du décrochage », compte tenu de la rhétorique belliqueuse et des actions à la fois d’Israël et de l’Iran.

En résumé, hier, Israël a été la cible d’une attaque : les forces iraniennes ont tiré 11 missiles balistiques. La situation a suscité une réaction immédiate de Donald Trump, qui a exhorté les dirigeants israéliens à s’abstenir de toute frappe de représailles et a déclaré qu’un accord final avec Téhéran était proche. Néanmoins, Israël a frappé des lanceurs de missiles iraniens ainsi que des infrastructures situées dans le centre et l’ouest de l’Iran. L’aéroport Mehrabad de Téhéran a également été attaqué.

Malgré la décision d’Israël de ne pas tenir compte de la demande du président américain, les traders ont réagi aux événements avec une relative retenue. Cette réaction s’explique en grande partie par les nouveaux commentaires de Donald Trump, qui a déclaré aujourd’hui que Netanyahu n’aurait d’autre choix que d’accepter un accord avec l’Iran. Il a ajouté que les nouvelles frappes iraniennes contre Israël n’avaient pas modifié sa volonté de mener à bien les négociations entre les États‑Unis et l’Iran et de parvenir à un accord.

Autrement dit, les États‑Unis indiquent publiquement que la fenêtre pour un accord reste ouverte. En conséquence, les forces américaines ne prévoient pas de reprendre les frappes contre l’Iran comme elles l’avaient fait en avril de cette année.

Dans l’ensemble, c’est actuellement uniquement la position de Trump qui empêche l’EUR/USD de plonger vers la zone des 1,14. À l’avenir, tout dépendra des actions ou de l’inaction d’Israël, de l’Iran et des forces pro‑iraniennes dans la région. Les combattants Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, ont revendiqué aujourd’hui la responsabilité de tirs de missiles contre le centre d’Israël. Le mouvement a également déclaré qu’il bloquerait le trafic maritime israélien en mer Rouge, en désignant tous les navires liés à Israël comme des cibles militaires légitimes.

Malgré tout, le sort du processus de négociation — et donc de l’EUR/USD — dépend désormais non pas des Houthis, mais des États‑Unis, d’Israël et de l’Iran. Il convient de noter que les responsables iraniens publient des déclarations contradictoires. D’un côté, le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que les États‑Unis « portent une responsabilité directe dans la violation du cessez‑le‑feu par Israël » (en référence à une attaque sur un territoire au Liban). Il a également affirmé que les incidents des dernières 24 heures n’avaient fait qu’« aggraver la situation chaotique du processus diplomatique ». D’un autre côté, ni les responsables iraniens ni les responsables américains n’ont annoncé leur retrait des négociations. De plus, selon Baghaei, les discussions entre l’Iran et les États‑Unis se poursuivent — les parties continuent d’échanger des messages par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais.

Ainsi, la situation reste dans les limbes. À mon sens, l’actuelle escalade est encore loin d’être terminée, en dépit des appels de Donald Trump à la désescalade. Par exemple, Al Jazeera a rapporté que ce matin une puissante explosion s’est produite au siège du ministère iranien des Affaires étrangères à Téhéran. La nature de cet incident n’est pas encore claire, mais l’EUR/USD a déjà réagi en se repliant vers la zone des bas‑1,15.

Globalement, la persistance des tensions au Moyen‑Orient accroît les risques d’inflation au niveau mondial, y compris aux États‑Unis. Combinée aux récents indicateurs solides du marché du travail américain (les créations d’emplois non agricoles de mai ont affiché une hausse de 172 000 postes) et aux bons indices ISM, cette situation renforce la conviction des traders que la Réserve fédérale maintiendra son taux directeur inchangé au moins jusqu’à la fin de l’année. Les intervenants de marché estiment désormais aussi à environ 40 % la probabilité d’un resserrement de la politique monétaire au second semestre.

Dans ces conditions, la priorité reste donnée aux positions vendeuses, mais la vente de l’EUR/USD ne doit être envisagée que lorsque les baissiers parviendront à enfoncer et à clôturer sous le support à 1,1500 (la borne inférieure des bandes de Bollinger sur le graphique H4) et à se maintenir en dessous de ce niveau. L’objectif principal pour un mouvement vers le sud se situe à 1,1420, ce qui correspond à la borne inférieure des bandes de Bollinger sur l’unité de temps W1.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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