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Le silence est d’or, mais pas sur le marché des changes. Le silence du nouveau président de la Federal Reserve, Kevin Warsh, à l’approche de la réunion de juillet maintient l’EUR/USD sous tension.
Le dollar américain a connu sa meilleure semaine en un mois, mais la désescalade du conflit au Moyen-Orient a poussé le billet vert à refluer depuis ses récents sommets. Néanmoins, selon les données de la CFTC, les traders spéculatifs ont porté leurs paris haussiers sur la devise américaine à 43,3 milliards de dollars – leur plus haut niveau depuis 2015.
Parallèlement, la réunion du FOMC des 28 et 29 juillet s’annonce comme un véritable champ de mines. Contrairement à ses prédécesseurs, Warsh s’est abstenu de donner le moindre signal sur l’issue relative aux taux. Résultat : le marché est partagé. La probabilité d’une hausse est désormais estimée à 35-40 %, alors qu’elle était nettement plus faible récemment. L’accélération des prix du pétrole sur fond d’escalade au Moyen-Orient, ainsi que les nouveaux droits de douane de 10,0 à 12,5 % décidés par la Maison-Blanche sur les importations en provenance de la plupart des grands partenaires commerciaux, alimentent les risques inflationnistes et renforcent la position des faucons au sein du Open Market Committee.
Selon TD Securities, les positions sur le dollar américain restent nettes acheteuses mais sont encore loin d’être excessives, ce qui laisse de la marge pour accroître les paris sur un renforcement du billet vert si l’incertitude entourant le pétrole, la géopolitique et la trajectoire de la Fed persiste. L’entreprise anticipe la poursuite d’une dynamique haussière pour le billet vert au troisième trimestre.
Morgan Stanley, de son côté, maintient une position neutre sur l’indice du dollar américain (USD), en soulignant les risques de baisse à la suite des chiffres de l’IPC et de l’IPP de juin, inférieurs aux attentes. Selon la banque, d’ici septembre, les pressions désinflationnistes aux États-Unis deviendront plus évidentes, laissant moins de raisons à la Réserve fédérale de durcir sa politique monétaire.
Le sort de la paire EUR/USD dépend en grande partie du pétrole. ING estime que la vigueur du dollar perdurera tant que Washington et Téhéran n’auront pas conclu un nouveau cessez-le-feu. Une désescalade ferait chuter les cours de l’or noir et réduirait les anticipations d’un resserrement de la politique monétaire de la Fed. Le scénario inverse – une escalade persistante et une hausse du pétrole – contraindrait la banque centrale à agir. Commerzbank n’exclut même pas une chute de l’euro sous 1,13 $ si la prime géopolitique intégrée dans les prix du pétrole ne disparaît pas.
Cependant, il existe aussi un facteur de soutien. Les anticipations de relèvement des taux de la Banque centrale européenne compensent en partie l’impact négatif de la flambée des prix du pétrole sur la monnaie de la région. Ce fut le cas en juin, lorsque le mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran n’a apporté aucun soutien à l’euro précisément en raison de la forte baisse du Brent.
Le marché obtiendra-t-il une réponse lors de la réunion de la Fed, ou Warsh choisira-t-il de rester silencieux une fois de plus ? Je doute que le silence satisfasse les investisseurs deux fois de suite.
D’un point de vue technique, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD a enregistré un retracement de l’inside bar, mais la longue ombre supérieure de la cassure de bar indique une faiblesse du côté des acheteurs. Un mouvement au‑delà de la zone de juste valeur de 1,1385–1,144, suivi d’un nouveau plus bas local à 1,1365, justifierait l’ouverture de positions vendeuses.